Selon une étude récente, les maisons construites il y a 30 ans ont aujourd'hui coûté près de 50% de leur valeur en rénovations. Les travaux de rénovation réalisés sur ces maisons sont dus à l'usure normale et aux modes passagères mais aussi à des défauts de conception ou à une mauvaise qualité des travaux. Dans mon dernier article, je traitais des problèmes d'étanchéité à l'eau des fondations. Aujourd'hui, j'aborde d'autres problèmes courants d'infiltration d'eau dans l'enveloppe extérieure qui causent des dommages importants aux maisons. Lorsqu'ils font des parements de briques, de nombreux maçons utilisent encore des solins de polyéthylène au joint de la fondation et autour des fenêtres. Ces solins sont pourtant reconnus comme étant fragiles au déchirement, particulièrement lorsque la brique est posée par temps froid. Les parements de maçonnerie ne sont pas étanches à la pluie lorsqu'elle est poussée par le vent, l'intégrité des solins est essentielle pour prévenir les infiltrations d'eau et les problèmes de pourriture de la charpente. Il en coûte peut-être 150$ de plus par maison pour utiliser des solins à maçonnerie plus résistants qui résisteront au déchirement, mais il faudra débourser près de 1 000$ pour remplacer un seul solin déchiré après la pose de la maçonnerie. Comme propriétaire, c'est une vérification importante à faire lors des travaux. Les solins de toits Les solins d'intersection entre les toits et les revêtements légers en aluminium ou en vinyle sont souvent trop courts ou sont mal recouverts par le papier hydrofuge des murs extérieurs. Cette situation cause des infiltrations d'eau et des dommages importants aux plafonds des maisons. À cet endroit, le solin métallique devrait remonter d'au moins 10 cm ( 4 po) et le papier hydrofuge de revêtement devrait recouvrir le solin d'au moins 5 cm ( 2 po). Le scellement des fenêtres de sous-sol est presque toujours fait avec le crépi de ciment qui couvre la fondation. Or le ciment n'adhère pas au vinyle ou à la peinture des cadres. Il en résulte une fissure sur tout le pourtour de la fenêtre qui devient la source d'infiltration d'eau. Malheureusement, cette infiltration n'est généralement pas visible de l'intérieur car elle coule sur le béton derrière l'isolant. Après quelques années, il en résulte souvent la pourriture des cadres de bois ou l'apparition de moisissures dans les murs du sous-sol. Pour réduire les risques d'infiltration par les fenêtres, le dessous de la fenêtre ne devrait pas être situé à moins de 15 cm ( 6 po) du sol et le joint entre le béton et les cadres des fenêtres doit être scellé à l'aide d'un calfeutrage souple. Les cadres des fenêtres Dans les immeubles en copropriété de trois étages munis de parement de briques, j'ai souvent constaté des infiltrations dans le bas des fenêtres. Le phénomène s'explique par le fait que la fenêtre est vissée dans la structure de bois mais que la partie extérieure du cadre s'appuie sur la brique. Lorsque le bois de charpente des murs et des plancher rétrécit, la structure de bois s'affaisse d'environ 6 mm (1/4 po) par étage mais le parement de brique demeure stable. Cela provoque des déformations dans les cadres de fenêtres et un bris de son étanchéité. Dans presque tous les cas, il faut ensuite enlever et réinstaller les fenêtres. Parfois, il faut carrément les changer. L'utilisation de bois séché au four pour les murs et planchers, ou de poutrelles préfabriquées pour les planchers, règlent ce problème. Selon mes propres expertises, durant les années 80, environ 25% des toits neufs n'étaient pas munis de membrane de départ sous les bardeaux, et ce, malgré l'obligation spécifiée dans le Code national du bâtiment. L'absence de membrane augmente fortement les risques d'infiltration d'eau en présence de neige. Aujourd'hui par contre, ce problème semble être presque disparu car les nouvelles garanties sur les maisons neuves obligent les constructeurs à respecter le Code national du bâtiment. Restez tout de même prudent et vérifiez. Chaque hiver je constate des problèmes de formation de givre dans les entretoits causées par une sortie de ventilation de sécheuse, de salle de bains ou de cuisinière située trop près des soffites de toit. Dans ce cas, l'humidité est aspirée par les soffites et vient se condenser dans l'entretoit. Dans d'autres situations, les sorties situées sur les toits dirigent l'air vers le toit et font fondre la neige à cet endroit. Par temps froid, la neige fondue forment ensuite des plaques de glace importantes. Ces plaques de glace ne sont pas problématiques sur les toits plats mais sur les toits de bardeaux d'asphalte elles peuvent provoquer des infiltrations d'eau. Les sorties de ventilation devraient préférablement sortir dans les murs à 1,8 m ( 6 pieds) et plus des soffites de toit. Si une sortie par le toit est nécessaire utilisez un clapet de toit qui évacue l'air à l'horizontal, réduisant la fonte de la neige.
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